COMMENT LA SOPHROLOGIE PEUT AIDER LES TNF ?

CLAUDINE CHARTIER
Sophrologue depuis 2015
(formée à l’ISRA Institut de Sophrologie Rhône-Alpes)
Après avoir exercé en cabinet et en entreprises,
Claudine a développé son activité en psychiatrie.
Elle intervient aujourd’hui dans plusieurs hôpitaux de jour (Bipol’AIR, Addipsy, PsyPro Lyon)
Parcours et motivations
– Qu’est-ce qui vous a motivé à vous intéresser spécifiquement aux TNF ?
Je ne l’ai pas vraiment choisi, c’est mon parcours professionnel et les patients atteints de TNF qui sont venus à moi, le fait d’avoir de plus en plus de personnes atteintes de TNF.
Cela fait maintenant 5 ans que je travaille avec des patients TNF.
-Comment votre formation initiale ou continue a-t-elle préparé votre prise en charge de ces patients ?
Alors je dirais qu’en formation on nous apprend beaucoup de techniques et de protocoles à amener, mais finalement quand on commence à intervenir auprès de patients TNF, les protocoles on peut un peu les oublier. Car l’exercice proposé, certains vont pouvoir le mettre en place, d’autres non, car il y a des symptômes, des limites corporelles, qui font que tel ou tel exercice, même le plus simple possible, pour ce patient ce jour-là sera impossible.
– Comment vous êtes-vous alors formé au TNF ?
J’ai lu le plus de chose possible sur le sujet avant de commencer, mais malheureusement il n’y avait pas grand-chose à cette époque. Heureusement les choses bougent. Mais c’est avec les patients sur le terrain que j’ai le plus appris. Et cela a été riche et m’a permis d’évoluer dans ma manière d’amener la sophrologie.
En sophrologie on nous apprend à travailler sur l’adaptabilité, les possibilités de chacun, les accompagner pour qu’ils apprennent à s’écouter et à connaitre leurs limites. Ce travail-là est vraiment très présent quand on travaille avec des patients TNF qui auront des symptômes très différents d’une personne à l’autre et, qui sur le même patient, ne seront pas les mêmes d’un jour à l’autre.
Approche et protocole sophrologique
– Décrivez votre protocole type pour un patient TNF :
Déjà bien connaître le patient. Lui avoir au préalable demandé quels sont ses symptômes, s’il fait des crises dissociatives, des CNEP… en cas de besoin j’échange avant avec ses médecins. Après lui demander d’être à l’écoute de son corps et d’accepter ce qui est là. J’invite et J’accompagne les patients à se faire confiance, à être plus à l’écoute de ce qui se passe dans leur corps, car il n’y a qu’eux finalement qui peuvent savoir ce qui est possible. Je joue un rôle d’accompagnement, je l’invite à tester, à essayer, mais seul le patient pourra savoir si ce jour-là c’est ok ou pas pour lui. Ce travail permet au patient de prendre d’avantage conscience de son corps, de ses sensations, de son schéma personnel.
Pour ces patients le lien avec le corps est souvent complètement coupé ou partiellement défectueux donc ce travail aide le patient au fur et à mesure des séances. L’aider à recommencer à écouter son corps, ce qui est là, à travers les exercices proposés. En adaptant l’exercice pour qu’il soit plus confortable pour ce patient, en écoutant ses limites. Si l’exercice n’est pas confortable en l’adaptant ou en ne le faisant pas sans culpabiliser. S’autoriser à mettre des limites et comprendre que ce n’est pas grave.
Ce qui nous intéresse en sophrologie ce n’est pas la performance, tenir une position ou une respiration le plus longtemps possible, ce n’est pas ce qui nous intéresse. La démarche est d’essayer de voir comment c’est vécu dans le corps, on fait des expériences à travers les exercices.
– Quelles techniques sophrologiques privilégiez-vous, relaxation dynamique, visualisations, respiration… ?
Il est difficile de répondre de façon formelle, vu que d’un patient à l’autre ce sera très différent, mais j’essaie de proposer différents types d’exercices :
- la relaxation plutôt dynamique (on va expérimenter le mouvement du corps)
- beaucoup de travail autour de la respiration
- des techniques de la visualisation
Je vais passer beaucoup de temps sur la respiration, car c’est quand même la base en sophrologie, je leur explique que ces exercices vont pouvoir aider quel que soient les personnes. Il y a des apports et des bénéfices à installer certains types de respirations.
J’insiste vraiment sur ce qui se passe physiologiquement, c’est important ils ont besoin de comprendre ce qu’il se passe dans le corps quand on met en place une pratique.
J’explique donc pourquoi nous allons mettre en place tel ou tel type de respiration.
Parfois avec certains patients TNF au départ cela va être compliqué ou même contreproductif, cela peut parfois amener de l’anxiété ou de l’angoisse, je vais donc leur expliquer que cela va prendre du temps et qu’on va y aller doucement, prendre conscience qu’on respire, rien que ça peut parfois être difficile et faire peur. Ce sera donc vraiment du sur mesure.
– Comment adaptez-vous ces techniques aux symptômes spécifiques comme les paralysies ?
Par exemple par la visualisation : On sait que pour des patients TNF le lien qui mène au mouvement est encore là, mais l’accès est coupé ou impacté, donc en passant par la visualisation cela peut être intéressant.
Par exemple le patient qui ne peut pas bouger ses jambes, on va l’inviter à fermer les yeux et imaginer que sa jambe bouge, à retrouver les sensations, comme si sa jambe était en train de bouger et parfois au fur et à mesure des séances, il a des ressentis. On va indiquer au mental que les jambes finalement pourraient fonctionner, donc l’impact est intéressant. Pour reconstruire ce lien, cette connexion qui ne pouvait plus se faire.
– Comment adaptez-vous ces techniques aux personnes qui souffrent de crises fonctionnelles dissociatives… ?
Quand je reçois des patients qui souffrent de crises, avant la séance on va mettre en place un protocole :
si la crise se présente ou s’il y a des symptômes annonciateurs, que souhaitez-vous qu’on mette en place ?
- Il existe des couvertures lestées, le poids peut aider, car elle a un côté enveloppant et permet en cas de crise d’apporter de l’apaisement.
- Il y a aussi des objets d’ancrages, des objets qui vont les aider à revenir dans le moment présent, donc je demande à ces patients la permission de leur mettre leur objet dans leur main en cas de crise.
- Je leur demande si en cas de crise, ils m’autorisent à les toucher, à les masser pour les aider à revenir, certains le souhaitent et d’autres non donc je m’adapte à la volonté de chacun. Car une aide extérieure peut les aider à revenir dans le moment présent et pour d’autres en cas de crise il est important qu’il n’y ai pas d’intervention extérieur.
C’est important de le savoir avant, donc un petit questionnaire sur la marche à suivre peut aider.
Plus ils avancent dans la prise en charge, plus ils vont apprendre à repérer les signes annonciateurs de la crise et peuvent être demandeur : « je vais avoir besoin de me mettre en sécurité ». On peut, avec des coussins, des tapis, en préventif allonger le patient, il devient acteur de sa prise en charge et met en place ce qui est nécessaire pour lui.
Pour des sophrologues qui ne connaissent pas ces crises, il est important de se renseigner avant, de savoir que ce n’est pas agréable pour le patient, mais que ce n’est pas grave du tout. Que le relâchement et la mise en place de technique de sophrologie peuvent déclencher des crises au début, mais c’est normal et ce n’est pas grave. C’est important de le savoir lorsqu’on commence une mise en place avec un patient TNF, cela fait partie du processus pour qu’il puisse se reconnecter à son corps, car la connexion se met en place, mais peut être source d’émotions et donc de crise.
– Comment agissez-vous en cas de crise de CNEP ?
Ces crises d’un patient à l’autre peuvent prendre des formes différentes, et parfois ressembler à des crises d’épilepsie, cela peut donc être surprenant pour un sophrologue qui ne connait pas, d’où l’importance de demander avant au patient s’il fait des crises et de comprendre quelles formes ses crises peuvent prendre, s’il y a des tremblements… Si le soignant est conscient de ce qui peut arriver, celui-ci sera moins stressé à l’arrivée de la crise et lui permettra d’aider au mieux son patient.
Il faut être sûr que le diagnostic est confirmé qu’il ne s’agit pas de crise d’épilepsie ou autre,
Si le diagnostic est confirmé le patient en crise n’est pas en danger, on doit juste veiller à ce qu’il ne se blesse pas en tombant ou en se cognant et attendre que la crise passe, que le patient revienne. Savoir qu’il n’y a pas de gravité, le patient sera juste fatigué après la crise.
Ces crises sont souvent liées aux émotions… Donc plus on va questionner le patient, mieux on le comprendra, et cela permet de connaître les déclencheurs…
C’est important aussi bien pour le patient que pour le soignant de bien connaitre ses crises.
– Quelle est la différence entre un patient TNF et un patient non-TNF dans la prise en charge ?
Je dirais que la prise en charge est la même, mais du fait du TNF l’adaptation devient le maitre mot, les séances devront être encore plus adaptées.
Si l’accompagnement en sophrologie d’un patient TNF est aussi riche, c’est que le corps réagi en fonction de ce que vit le patient au niveau émotionnel, c’est comme s’il y avait une réponse immédiate du corps à travers les symptômes TNF. Donc finalement le corps envoie un message à travers les symptômes, un message que le patient n’aura pas su écouter ou accueillir.
Aider les patients à prendre d’avantage conscience de leurs émotions, ce qui est compliqué ou coupé, on invite ces patients à accueillir leurs émotions. Leur rappeler le rôle des émotions, que lorsqu’on traverse des émotions c’est normal et naturel, qu’il y a des sensations corporelles associées aux émotions et qu’il faut les écouter. Pour eux ce n’est souvent pas perceptible au départ.
Que ressent-il dans ce corps ? qu’est ce qui s’est passé dans son corps par rapport à ses émotions.
Axer un maximum sur le travail émotionnel, l’émotion n’est pas là pour rien elle nous amène à aller vers une action et être à son écoute est important.
– Au centre BIPOL’AIR vous animez des groupes de travail pouvez-vous nous en parler ?
Oui il y a différents ateliers de pratique corporel proposés :
- Sophrologie « classique »
- Sophrologie « crises fonctionnelles dissociatives » comment mieux les comprendre, repérer les déclencheurs, les inviter à prendre conscience des signes avant-coureurs, chercher à ce que chacun reparte avec ses outils de gestions exemple : certains exercices de respiration ou de visualisation de lieu sûr (lieu qu’en visualisant régulièrement en séance, ils arriveront plus facilement à ramener en cas de besoin ce qui les aidera à retarder ou diminuer l’intensité de la crise) j’interroge les patients sur leur attente car il n’y a pas d’outil magique, mais quel est son besoin : les retarder pour se mettre en sécurité avant leur arrivée pour ne pas se blesser…. On ne supprimera pas les crises, mais on doit savoir ce dont il a besoin et l’aider à trouver des clés dans la gestion personnelle de ses crises, je lui présente différents outils et il doit trouver celui qui l’aidera le plus.
- Sophrologie « gestion du stress »
- Sophrologie « gestion des émotions »
- Sophrologie « lâcher prise »
- Sophrologie « estime de soi »
- Sophrologie « action »
On voit que la sophrologie est riche et permet de s’adapter au patient en amenant de nombreuses thématiques avec différents exercices.
Tous ces ateliers à l’hôpital sont couplés avec des ateliers psychocorporels, psychos… une équipe pluridisciplinaire et donc de nombreux échanges et conseils entre neurologues, psychologues, psychiatres… Afin d’être à l’écoute du corps de chacun.
– Utilisez-vous des outils complémentaires (EVA, journal de bord, supports audio) ?
Non j’amène très peu de support,
J’autorise les patients à enregistrer la séance, car je ne vois les patients souvent qu’une fois par semaine, mais l’idéal est de mettre en pratique le plus régulièrement possible. Plus le patient pratiquera et plus il apprendra à écouter son corps, plus la détente se fera facilement. Si l’on veut vraiment ressentir les bénéfices en profondeur de la prise en charge il faut pratiquer régulièrement.
L’outil principal est le corps de chaque patient.
Études de cas et retours d’expérience
– Présentez brièvement un cas marquant de prise en charge TNF :
Oui j’ai des cas, mais il faut se rappeler qu’au centre il y a une approche pluridisciplinaire dont la sophrologie fait partie, mais il est difficile de dire que c’est la pratique de la sophrologie uniquement qui à conduit à ce résultat, par exemple la psychoéducation permet de mieux comprendre la pathologie…
Mais J’ai un patient qui était en fauteuil roulant quand il a démarré les soins
Et au fur à mesure des séances, en travaillant autour des visualisations, avec les sensations dans les jambes qui au départ étaient inexistantes, petit à petit avec le touché, avec des sensations projetées en imaginant des sensations, des sensations réels sont revenues, il a pu bouger les orteils, puis sentir les sensations du pied avec les chaussures… Cela a pris du temps mais peu à peu il y a eu de l’évolution. Petit à petit le fauteuil roulant à été remplacé par les béquilles et ensuite, il est venu sans les béquilles.
Ce patient a pu remarcher.
C’est un exemple très parlant, car il y a une reconquête du corps, En tant que soignant c’est un exemple qui fait chaud au cœur.
Il faut savoir qu’il y a eu des retours en arrière, parce qu’il y a de la fatigue, des crises, des symptômes qui reviennent si on traverse une période difficile. Mais accompagner les patients dans leur progression et leur retour en arrière, accepter ce retour…, la progression a été possible en remettant les choses en place.
– quel délai combien de temps faut-il avant de voir des améliorations chez un patient ? :
C’est impossible à dire exactement car cela va dépendre du patient, de son vécu traumatique qui a pu entrainer le TNF et cette « coupure » avec le corps.
– Avez-vous déjà rencontré un cas où la sophrologie n’a pas apporté de bénéfice ?
Oui, j’insiste un sophrologue qui commencerait avec un patient TNF et qui ne verrait aucune évolution, ne doit pas se décourager, cela ne veut pas dire que c’est inefficace sur eux, ou que le professionnel s’y prend mal. Cela veut juste dire que cela va prendre plus de temps, il va falloir y aller plus doucement, c’est le patient qui va donner le tempo.
C’est important de le rassurer de le déculpabiliser.
S’il y a un vécu traumatique, encourager le patient à avoir un suivi psychologique voir psychiatrique à l’extérieur, de ne pas rester seul avec ces patients-là. La pluridisciplinarité est importante pour ces patients.
Mais pas d’inquiétude, pour certains patients le lien se refait très vite et on peut voir rapidement des améliorations, parfois avec une dizaine de séances plein de choses se passe.
Enjeux, difficultés et adaptations
– Quelles sont les principales difficultés rencontrées dans l’accompagnement des TNF ?
La prise en charge pluridisciplinaire est essentielle dans le traitement du TNF, donc si le sophrologue le prend en charge dans un centre spécialisé cela simplifie la prise en charge. Si l’on reçoit un patient de façon privé et qu’on ressent que la prise en charge est lourde, il est important d’inviter le patient à aller vers des prises en charges complémentaires. Lui demander s’il est suivi par psychologue, psychiatre, généraliste… (attention le rassurer ce n’est pas dans sa tête, ce conseil c’est pour l’aider dans la cause du TNF et dans la gestion de celui-ci au quotidien) Et si besoin pourquoi pas se mettre en lien avec ses médecins avec son consentement, pour échanger sur la prise en charge pour qu’elle soit le plus efficace possible.
– Comment collaborez-vous avec d’autres professionnels (neurologue, psychologue, kiné…) ?
Au centre nous avons la chance d’avoir une équipe complète neurologue, psychologue, psychiatre, kiné, neuropsy, généraliste, et de pouvoir échanger pour adapter au mieux la prise en charge du patient.
Lors d’une prise en charge à l’extérieur c’est plus compliqué mais pas impossible.
Conseils et perspectives
– Quel conseil donneriez-vous à un sophrologue débutant face à un patient TNF, pratique à proscrire ou à conseiller ?
A proscrire je dirais non, ne pas se limiter ou se censurer dans les propositions, car on pourrait avoir tendance à minimiser des mouvements pour un patient très limité, mais par expérience je me rends compte que proposer un exercice difficile, lui permettra d’adapter l’exercice et de sortir de sa zone de confort, si on ne leur propose que des exercices faciles cela leur permettra moins de travailler leurs limites.
Néanmoins par expérience ils ont plus de mal avec tous les exercices de mise sous tentions, notamment les personnes faisant des crises. Cette tension peut être très désagréable pour eux, amener la peur de faire une crise… Mais même là, je dirais ce serait dommage de ne pas le proposer car c’est le patient qui doit aller expérimenter et être maitre de sa prise en charge. En essayant il peut se rendre compte qu’une tension ne veut pas toujours dire crise et cela peut être intéressant, il va arriver à lâcher sa peur de déclencher une crise. Il aurait tendance à trop se limiter et donc se priver de beaucoup de choses et donc à travers certains exercices prendre conscience qu’on retrouve des capacités à faire des choses est intéressant, donc même si c’est désagréable chaque exercice peut amener du bénéfice.
– Comment envisagez-vous l’évolution de la sophrologie face aux troubles neurologiques fonctionnels dans les prochaines années ?
J’espère qu’on verra une évolution sur les formations des prises en charge de patients TNF.
Je pense que les choses avancent, que l’association CAP TNF qui se bat pour que les TNF soit connu et qu’il y a une évolution dans la prise en charge des TNF. Ce serait bien qu’il y ait une formation des sophrologues spécialisée dans la prise en charge des patients atteints de TNF.
– Merci Claudine une réflexion ou un message que vous souhaitez transmettre au sujet de votre pratique avec les TNF ?
Faites confiance en la pratique sophro ! c’est ce qu’on m’a beaucoup répété pendant ma formation.
Elle a été pensée, réfléchie, et même si vous ne savez pas comment faire avancer les choses et quoi proposer à un patient, proposer des exercices et les choses se passeront.
Je me le suis souvent répété au début quand j’ai commencé avec les patients TNF, je ne savais pas comment m’y prendre, et je me suis répété « propose de la sophrologie » et ça fonctionne, ce n’est pas forcément rapide, ce n’est pas toujours évident pour des patients TNF qui ont un peu d’appréhension au sujet de la sophrologie, mais c’est important de poursuivre et de persévérer, car au fur et à mesure des séances des choses se passent.
Alors mon message est : Faites confiance en la Sophro !
Merci Claudine pour ce partage et ce très beau message d’espoir.
Témoignage libre
Nous vous invitons à découvrir ci-dessous le témoignage d’Aurélia, atteinte de TNF.

TNF et sophrologie : le témoignage d’un mieux-être retrouvé
Bonjour, je m’appelle Aurélia, j’ai 51 ans. En 2021, on m’a diagnostiqué un trouble neurologique fonctionnel. Je suis une ancienne patiente du centre BI-POLAIR et je partage mon parcours en sophrologie aux côtés de Claudine, une expérience qui a profondément transformer mon rapport à mon corps et à mes émotions.
Au départ, la sophrologie n’allait pas de soi. Les premiers ateliers réalisés en groupe ont été vécus comme quelque chose de déroutant presque inconfortable. L’approche semblait particulière, inconnue, et l’adaptation demandait du temps. Pourtant, cycle après cycle, j’ai poursuivi les séances et j’ai progressivement appris à apprivoiser cette pratique. Peu à peu les techniques enseignées ont trouvé leur place et sont devenues des outils concrets du quotidien.
Face aux bénéfices ressentis, le travail s’est ensuite approfondi à travers des séances individuelles avec Claudine. Ces temps privilégiés, très personnalisés, ont permis un accompagnement plus fin et plus ajusté. Chaque séance débutait par un temps d’échange autour des émotions vécues durant la semaine, suivi d’un travail corporel en mouvement avant de conclure par une phase de relaxation et de visualisation, assise ou allongée selon l’état physique et émotionnel du moment.
Ce travail a été fondamental pour moi, qui me sentait profondément déconnecté de mon corps depuis de nombreuses années. Suite à une maladie neurologique 17 ans plus tôt j’avais appris à vivre « dans ma tête » mettant à distance les sensations corporelles. La sophrologie m’a permis de renouer avec mon corps oublié, d’identifier mes sensations, et de comprendre mes émotions qui me traversait et de leur redonner une place juste.
Cet accompagnement a également été un soutien précieux dans une période de deuil particulièrement douloureuse, marqué par la perte d’une amie. Submergée par des émotions difficiles j’ai trouvé, grâce aux séances, un espace sécurisé pour verbaliser, accueillir et laisser passer ce que je ressentais. Ce cheminement m’a menée vers une acceptation profonde, vécu comme un véritable soulagement et un apaisement durable.
Aujourd’hui grâce à la sophrologie et à l’accompagnement bienveillant de Claudine, j’ai acquis des clés précieuses. Des outils concrets qui me permettent de me remettre en lien avec mon corps, mes ressentis et mes émotions.
